jeudi 9 janvier 2014

Le Sénat est mort

La cinquième république n'avait jamais vu une majorité de gauche au Sénat. Elle a été obtenue en 2011, et ce basculement historique fut de bonne augure pour les échéances qui ont suivi.
Tout d'un coup, on oubliait les polémiques sur sa composition, sur sa légitimité, son mode de suffrage, l'âge moyen de ses membres....on s'attachait à espérer un renouvellement dans son fonctionnement,  dans l'approche des questions de société ou socio-économiques. Les débats en son sein pouvaient apparaître plus déterminants même en commission paritaire. La sagesse aurait pu enfin s'accompagner d'un peu d'audace.
Depuis de nombreux mois, ces espoirs sont déçus. Cette chambre qui est sensée représenter la diversité des territoires, l'ensemble des collectivités territoriales, n'est plus que la caricature d'elle même. Une partie de la gauche unit ses voix à la droite de plus en plus fréquemment sans se poser la question d'une éthique politique. Elle va jusqu'à défendre majoritairement le cumul des mandats.
Le paroxysme est arrivé avec le vote contre la levée de l'immunité parlementaire de Serge Dassault.
Lever son immunité aurait simplement permis à la justice de faire son travail.
Ils ne l'ont pas souhaité, la droite, on le savait, mais de la part de sénateurs socialistes, c'est trop. C'est scandaleux. Si j'ai bien compris Malek Boutih ne s'en cache pas...
De Gaulle, lors du référendum de 1969 souhaitait se débarrasser de ce machin. Il a perdu mais il avait raison. Il coûte trop cher. Il ne travaille pas assez pour l'intérêt général mais trop pour ses membres et la pratique de la politique politicienne.
Une réforme constitutionnelle ou la sixième république aura la peau du Sénat. Ses années sont comptées.

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