dimanche 22 mars 2015

Valls a fait le lit de Sarko

A la surprise générale, Sarko est donc le grand vainqueur de ce premier tour.
C'est une très mauvaise nouvelle pour Juppé mais une excellente pour Hollande.
Valls s'est tellement bien occupé du FN que la progression de ce dernier a été stoppé au bénéfice de Sarko.
Finalement, les braves gens se sont dit, comme voter FN c'est mal, voter socialiste pour une élection locale c'est ridicule et ça ne fait pas plaisir, le mieux, c'est voter pour le parti de celui qui ressemble le plus à Valls...mais bien de droite.
C'est le premier enseignement.
Le second enseignement de ce premier tour est, quand l'abstention recule, la part du FN baisse. Une part non négligeable des électeurs de cette organisation est issue des CS qui traditionnellement sont peu abstentionnistes et inscrites sur les listes électorales. A l'inverse, les partis de gauche ont une part de leur électorat qui est très volatile et peu mobilisé mais mobilisable. Pour les faire déplacer, il faut dramatiser les enjeux mais cette option peut générer des effets collatéraux. La victoire de Sarko en est un.


6 commentaires:

  1. Enfin une bonne analyse de Gauche!
    Quand je lis sur les blogs de Gauche: "Joie", "on a pas perdu beaucoup, Youpie!", j'ai eu une crise d'hystérie de fou-rire de dingue.

    Bobiyé

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    1. Oui ça m'arrive d'être de gauche ; )
      Merci

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  2. En fait, c'est pas ben ben compliqué, la politique : ça consiste essentiellement à faire le lit de son voisin.

    Et je trouve merveilleuse la candeur avec laquelle vous avouez que le FN est l'allié objectif du PS, puisque faire baisser le premier entraîne la chute du second. Décidément, on n'a pas fini de rigoler…

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    1. Vous le savez bien je suis un spécialiste de la candeur.
      Bref, je ne dis pas vraiment ce que vous laissez supposer. En admettant, c'est souvent le problème dans une situation de tripartisme

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  3. Bonjour Didstat,

    Je crois qu'il y a un petit biais cognitif dans votre analyse: vous partez de l'idée que l'électorat de gauche est un électorat volatil à tendance abstentionniste, contrairement à un électorat de droite réputé plus monolithique et prompt à la mobilisation.

    Mais en fait, quand vous regardez à droite, c'est aussi le bordel.

    Je penserais pour ma part qu'il faut plutôt partir de l'idée que lorsque vous mettez 10 Français dans une pièce vous avez au minimum 15 avis différents et que les choses se décident au dernier moment sur des points de basculement (des raisons d'agir) qui sont en définitive assez variés, mais qui obéissent à des besoins que les individus jugent essentiels, à un moment donné.

    Le vote est vraiment comme une pellicule photo: c'est un instantané. Quand on met les différents scrutins bout à bout, à raison de 24 images par seconde, on obtient un film.

    Le scrutin qui vient d'avoir lieu, c'est la dernière image du film. Reste maintenant à imaginer la prochaine.

    C'est du Buster Keaton: il va faire un truc dingue, on le sent, on le voit, on le devine, on le sait, mais comme ce n'est pas encore arrivé on retient notre souffle.

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    1. Pour ma part, je me base plus sur le profil de l'abstentionniste classique que je connais bien. Il est vrai par contre que je ne suis pas sûr de ce qu'il vote quand par hasard il décide de voter.
      Votre métaphore de la photo et du film est tout à fait pertinente. C'est celle qu'on utilisait lorsqu'on présentait le recensement ancienne et nouvelle méthode.
      Cela dit, j'aimerais bien connaître la fin du film des maintenant.

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