jeudi 19 mars 2015

Pourquoi il faut voter dimanche

Il m'apparaît necessaire de compléter ma série de billets sur les enjeux des élections departementales. Les enjeux sont un grand mot . Pas qu'elles en soient dépourvues, mais surtout parce que je ne me suis attaché à parler seulement du bulletin de vote en effleurant le contexte.
Mon triptyque ( c'est joli et j'ose) ne pouvait se clôturer sans "m'adresser" aux abstentionnistes potentiels dont on dit qu’ils font partie du premier parti de France.
Incroyable. Des gens qui se foutent des élections à venir sont en proportion les plus nombreux !
Bon, d'abord, ce n'est pas fait. Ou plutot ils ne se sont pas encore abstenus ; ils peuvent renoncer à ne pas le faire.
Mais d'abord, auraient ils raison ?
On peut le penser. La politique départementale ne change pas la vie. Le pouvoir des conseillers restent limités. Il faut un regard bien avisé pour remarquer l'intérêt de leurs actions. Et même, la parité contrainte peut paraître ridicule et donner l'impression que les rôles sont déjà distribués avant même les résultats.
De plus, l'avenir du département est plus qu'incertain. Il est même probable que cette élection première de par son organisation risque d'être la dernière à ce niveau géographique. Le département devrait, à terme, disparaître pour éclaircir ce fameux millefeuille que notre gourmandise politique a encouragé au point de faire grossir notre dette globale.

A la réflexion, ils auraient bien tort de s'abstenir.
Parce que, premièrement, les absents ont toujours tort. Ne pas voter c'est en quelque sorte s'absenter jusqu'aux prochaines élections. Dans les faits, c'est surtout laisser la parole aux autres. Leur laisser la parole, c'est leur laisser penser qu'ils ont raison, c'est se défiler devant ses responsabilités, c'est refuser le débat, sous entendu je n'ai pas d'argument valable, je suis trop con car je m'en fous. Pour aller plus loin, c'est même admettre une certaine infériorité devant les autres qui eux savent et votent.
C'est aussi donner plus d'importance aux extrêmes. L'extrémiste n'est marginalisé que si les non extrémistes sont bien plus nombreux. Mais si les non extremistes ne disent rien, l'extrémiste prend du poids. On ne parle plus que de lui alors qu'il ne représente que lui même. Le poids de l'opinion est alors biaisée et les éventuels élus n'ont pas de légitimité.
Ensuite, contrairement à ce que j'écrivais un peu plus haut, s'occuper notamment de l'action sociale et des deux âges extremes de la vie est particulierement noble et important. Bien entendu, une politique sociale d'un département géré par la droite présente de fortes différences à celles d'un département géré par la gauche. Je ne parle même pas d'une autre probabilité encore bien plus douloureuse à mes yeux.
Enfin, l'argument fort de l'abstentionniste est sur deux tons "tous pourris et font rien de bien". Cet argument mène inevitablement a laisser élire des encore plus pourris et des toujours plus incompétents.
Donc, il faut voter, mais bien hein !

16 commentaires:

  1. Ouais. Mais il ne faut pas bloguer comme si tu t'adressais à la terre entière mais à tes lecteurs.

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    1. Pourquoi tu trouves que je n'ai pas cette vocation ?
      Sérieusement, je ne sais pas qui sont mes lecteurs. Mon petit doigt me dit qu'il y en a plus de droite que de gauche et que les potentiellement abstentionnistes ne sont pas si négligeables.
      Ou alors je n'ai pas de lecteur....
      Cela dit, si je comprends quelque chose aux Stats de lectures ( c'est en effet peu fiable) mon Triptyque a fait des "vues" mais est ce des lues ? Ces histoires sont complexes...et varient tout le temps.
      Un billet tres local a fait un gros succes, va savoir pourquoi....en plus il etait tres con...cela dit ce n'est pas le seul

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  2. C'est très joli, un triptyque, à condition de placer l'i et l'y aux bons endroits…

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  3. Si ceux qui ont l'intention de s'abstenir « renoncent à ne pas le faire », cela signifie qu'ils vont s'abstenir effectivement.

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    1. Non, le faire c'est voter, donc c'est renoncer à ne pas voter....
      Je sais c'est ambigu mais ça m'a amusé

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    2. Vous êtes dans l'erreur. Votre formule est certes alambiquée et inélégante, mais elle n'est nullement ambiguë. Décortiquons-la en trois temps :

      1) Des gens ont l'intention de s'abstenir ;

      2) Ils décident de ne pas le faire (donc ils vont aller voter) ;

      3) finalement ils renoncent à la proposition 2)… donc ils reviennent à la 1) et vont s'abstenir.

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    3. Je ne suis pas d'accord, c'est une logique mathématique et je suis bien meilleur que vous dans ce domaine.

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    4. La logique n'est pas mathématique du tout mais syntactique. Et là…

      Bref, vous avez tort, indubitablement.

      (Mais, par compensation, je vous accorde votre cage d'escalier.)

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    5. Les maths sont partout meme dans la syntaxe, mais bon si vous m'accordez la cage....
      Et les parties de billes ?

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  4. Cet argument rebattu selon lequel l'abstention favoriserait les "extrêmes" ne tient pas la route une seconde, dans la mesure où, parmi les abstentionnistes, il y a une certaine proportions de gens qui auraient voté pour ses extrêmes s'ils s'étaient déplacés jusqu'au bureau de vote.

    Enfin, je ne vois pas en quoi le fait de torcher des vieux serait “particulièrement noble”.

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    1. Dites moi, vous faites pas mal de fautes aussi. Je vous excuse car depuis hier vous êtes bien plus âgé que moi.
      Quand je pense que nous nous sommes roulés au sol dans votre cage d'escalier pour savoir qui etait le plus fort....et que maintenant vous êtes presque sexagénaire ....
      Torcher des vieux ...pas noble ? Je sais vous êtes un vieux plaisantin

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    2. Vous exagérez ! Dans mon commentaire précédent, il y a une faute (un s à "proportion"), dont il me paraît évident qu'elle est "de frappe" et non due à mon ignorance de la langue (je sais depuis longtemps que l's est la marque du pluriel et non du singulier…).

      Et jamais de ma vie je ne me suis roulé dans une cage d'escalier.

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    3. Je sais bien qu'elle de frappe mais elle existe. A vrai dire, j'en aurais vu une autre mais je peux me tromper c'est vous le spécialiste.
      La majorité des miennes les ont aussi, de frappe. Avec une tablette qui nous facilite parfois l'écriture, souvent nous induit en erreur sans relecture attentive.
      Vous savez, ce n'est pas grave d'oublier. C'etait il y a à peine plus de cinquante ans.....cinquante trois ans peut être ...

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  5. Dans certains instants d'irritation extrême, j'ai pu me dire RAF de ces élections et puis...
    J'aime bien voter, et pourtant combien suis je de plus en plus, réservé sur ce système de représentation, mais que faire?.
    Je pense surtout à l'assemblée nationale, car quelles que soient les multiples délégations de compétence de l'Etat, le parlement fait toujours la loi ! A ce propos, rendre le vote obligatoire me fait bien rigoler quand on voit l'absentéisme des députés.....Combien étaient présents pour les débats sur la loi de fin de vie ? Donc j'aime bien faire joujou avec le bulletin, l'isoloir et l'urne, ces instruments de la démocratie qui comme disait un certain, est le pire des systèmes à l'exception de tous les autres. Votons en effet. Blanc bof, la virginité retrouvée? Nul, ça peut flatter l'égo, une citation que l'on peut croit irrésistible, petite bouteille dans la mer des bulletins.... Il reste, si l'on souhaite "sanctionner" le parti au pouvoir par l'expression d'un vote protestataire (si l'on appartient bien sûr à la famille de gauche et sans adhésion partisane), le choix "d'un laboratoire d'idée" (c'est la semaine de la francophonie que diable) qui s'aventure dans l'arène ou plutôt l'école électorale. Dans mon canton, pour demain j'ai cette possibilité. Je vous la "nouvelle donne" en mille?!
    Pour le second tour, à samedi prochain, cher Didstat.....

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    1. Cette nouvelle donne, c'est aussi un coup de poker...
      Il est vrai que de second tour, il y aura, compte tenu du probable taux de participation

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