dimanche 1 février 2015

Tsipras, pirate ?

Une semaine après l'arrivée au pouvoir de Syriza, on est en droit de s'interroger sur les fondements politiques de cette organisation.
Comme des millions, je me suis réjoui de l'arrivée au pouvoir de ce parti qu'on présente habituellement comme un mouvement appartenant à la gauche radicale. D'abord parce qu’il est important qu’un peuple soit acteur de son changement par la voie la plus démocratique qui soit. Ensuite parce qu'il est toujours satisfaisant de voir un peuple qui souffre retrouver l'espoir.
Mais maintenant les questions fusent et les réponses qu'on peut imaginer ou entendre ne sont pas toujours bien rassurantes.
Pourquoi s'être allié à un parti de droite dure ? L'obligation d'avoir une majorité assurrée ?
Théoriquement ils ne partagent rien en dehors de leur volonté de sortir de l'austérité. Par contre, ces alliés improbables se sont déjà illustrés par leur racisme ou leur homophobie par exemple. Est ce donc une majorité bien fiable ?
Pourquoi le parti communiste grec a refusé toute alliance ? A priori, ce sont les derniers staliniens européens mais leur argumentation laisse planer un doute qui n'a pas l'air d'inquiéter ni Mélanchon, ni le PCF. Ces derniers se sont mis à rever d'une évolution comparable en France. C'est vrai que Syriza est parti d'aussi bas dans les résultats aux élections que le Front de Gauche. Sauf que, d'une part le FDG a aucune chance de multiplier par six ses scores électoraux, et d'autre part, la Grèce est une nation démocratique recente qui ne possède pas l'inertie certaine des votes francais lors des élections importantes. Il est improbable que le FDG soit aux manettes sans le PS, comme EELV d'ailleurs, même si on peut admettre que l'un comme l'autre pourrait disposer d'une influence plus importante Nous sommes dans une situation complètement opposée aujourd'hui.
Enfin, pourquoi  soutenir Poutine, quand on est de gauche, sur le dossier ukrainien avec des arguments quelque peu fallacieux du type il y a des fascistes en Ukraine ? Dans le cadre d'une stratégie géopolitique complexe ? Pour remonter leurs agriculteurs ? Comme un élément de pression sur les autres gouvernements européens ? Il est amusant de constater qu'à leur tour les chypriotes osent déclarer qu'ils ne sont pas vraiment en phase avec les sanctions. Avec des amis comme ceux là, on n'a plus besoin d'ennemis.
Ces interrogations ne doivent pas masquer que Syriza a raison de s'atteler au problème de la reduction de la dette grecque ou plus exactement à des modifications profondes dans les conditions de remboursement, à la réforme de l'état et de l'impôt, à l'amélioration du niveau de vie des plus pauvres
....etc...
L'avènement de ce parti au pouvoir ressemble à celui de l'union de la gauche en 1981, hormis une situation des finances publiques incomparable....et pourtant.


2 commentaires:

  1. Pas mal quand même cet Alexis...

    :)

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    1. Serait mieux avec une cravate ....ou au moins un costume plus mode

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