mercredi 29 octobre 2014

La grenade indigne



De tout temps les manifestations contre des grands projets  dont les bénéfices environnementaux étaient douteux, furent des exemples de lutte contre le pouvoir en place. Ils fédéraient nombre d'écologistes déterminés, verts extrémistes, gauchistes violents, anarchistes délirants ou jeunes, très jeunes idéalistes révoltés.
Il m'est difficile d'être objectif ou tenté de l'être sur ce dossier qui semble particulièrement complexe et controversé du barrage de Sivens.
En gros les opposants reprochent au projet de favoriser l'agriculture intensive et notamment la culture du maïs. Il semble néanmoins que les besoins en eau ne se limitent pas à ceux des agriculteurs mais il apparaît aussi que d'autres alternatives sembleraient crédibles.
Difficile donc de prendre position pour ou contre une décision qui semble partagée par de nombreux acteurs locaux ou nationaux. Il est néanmoins clair que cette décision ne date pas du gouvernement Valls et de Ségolène Royale.
Cela rajoute un certain intérêt aux déclarations de Cécile Duflot ou Delphine Batho qui ont exercé il y a peu de temps des responsabilités au pus haut niveau.
Il est vrai que la moindre déclaration des deux citées plus haut a pour conséquence immédiate de
déclencher chez moi une certaine méfiance pour être soft ou une forte opposition completement subjective. Après tout, c'est mon blog, je ne suis pas obligé de tenter ( en vain ) d'être objectif.
J'avoue, je ne les supporte pas, surtout Cécile Duflot. La teneur de son dernier bouquin a confirmé mon agacement bien irraisonné. Bref, j'ai l'intime conviction qu'elle va aider à faire plonger un peu plus son parti.
Cela dit, ce jeune idéaliste est mort pour, ou contre un barrage alors qu'au final cela aurait pu l'aider à vivre. Pourtant, comment lui reprocher de se mobiliser pour une cause qu'il croyait juste ?
Il est évidemment sain et nécessaire de s'indigner, de se révolter, de se battre pour un idéal ou une idée quand on a vingt et un ans.
Mais mourir pour ça  ! C'est scandaleusement cruel et injuste.
Je ne rêve plus à une police de gauche mais quand même ! Les forces de l'ordre ont pour mission de protéger la population et notamment la jeunesse au prix parfois de quelques pierres sur le coin du nez mais c'est la dure loi du métier.
Utiliser des grenades offensives contre de simples manifestants même déterminés, c'est simplement irresponsable, c'est indigne ....cela l'est presque autant qu'utiliser ce drame politiquement.
Le risque pour les écolos seraient de provoquer une aversion du grand public à l'écologie, et cela serait bien dommageable.


17 commentaires:

  1. "Utiliser des grenades offensives contre de simples manifestants même déterminés, c'est simplement irresponsable, c'est indigne"

    renseigne toi bien
    ce n'était pas de simples manifestants mais une bande d'une cinquantaine d'anars déterminés , violents et qui ont même transformé un CRS en torche vivante
    des pacifistes quoi

    mais ça la presse l'occulte , on se demande bien pourquoi

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    1. Ok, je n'ai pas vu d'images mais j'imagine. Seulement, cela ne les affranchit pas d'être compétent et discerner la réalité du danger.
      Dans tous les cas cette grenade est trop dangereuse...il existe d'autres moyens

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    2. "transformé un CRS en torche vivante" d'où tenez vous cela?

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  2. Les grenade dites offensives sont d'un usage tout à fait courant dans ce type d'affrontements violents. Prétendre les supprimer sous prétexte d'un accident est stupide et malhonnête. Au point où nous en sommes, et sous prétexte que la grenade a probablement été lancée par un gendarme, on pourrait aussi supprimer la gendarmerie.

    Enfin, qualifier d'idéaliste un type qui va volontairement à l'affrontement violent avec des forces de l'ordre armées ne me paraît guère opportun (et même assez comique, pour tout dire).

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    1. Qui vous a dit que ce jeune allait volontairement a l'affrontement violent ?
      Vous savez quoi exactement ? De sa vie ? De ses idées ?
      Je suis ravi d'apporter un peu de comique dans cette tragédie sauf que ça ne fait "rire" que vous.

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    2. Sa vie et ses "idées", je m'en contre-pignole, figurez-vous ! Ce que je sais, c'est que quand les gendarmes en arrivent à sortir les grenades, c'est rarement parce qu'ils sont face à un paisible "sit in".

      Tenez, lisez donc ce billet.

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    3. Ben oui ce sont des abrutis mais si tous les abrutis même violents devaient mourrir.....

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  3. 1er mort en 65 ans d'utilisation. La grenade OPF est décidément à classer dans l'arsenal des armes fatales. Elle est moins dangereuse qu'un cocktail molotov qui est initialement une arme artisanale antichar, et qui transforme en torches ceux qui en sont victimes. Parlez donc de ce que vous savez, vous direz moins de bêtises.

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    1. Premier mort, c'est exact, mais de très nombreux blessés et handicapés. 65 ans, je ne suis pas sur, je pense que vous vous trompez d'une dizaine d'années mais peu importe.
      Il est exact que cela est moins dangereux qu'un cocktail molotov mais ce n'est pas une arme des gens d'armes si ?
      Pas une seule bêtise dans mon billet. Ces grenades sont d'ailleurs assez peu utilisées. A cause de leur dangerosité tous les gendarmes ne pouvaient les utiliser.
      L'imparfait est le temps ad hoc car je viens de découvrir que le ministre est de mon avis....

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  4. d'une vidéo tournée par les manifestants

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    1. visible à quel endroit svp?

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  5. J'ai pas retrouvé de vidéo ou d'info qui ferait état d'un gendarme gravement brûlé lors de cette manif, donc si qqu'un a un tuyau, je suis preneur.

    Je ne m'explique pas que le gouvernement censure cette info, si elle est vraie, car elle constituerait alors une justification rêvée à l'emploi des grenades offensives, ce qui atténuerait la responsabilité de la gendarmerie.

    Côté technique, une grenade offensive fait la taille d'un gros citron, et la charge explosive est composée de TNT, explosif ayant un pouvoir brisant en raison de la vitesse de propagation de l'onde de détonation, qui flirte avec les 7.000/s.

    Mais elle s'épuise très rapidement en raison de la résistance de l'atmosphère.

    Si la détonation se produit au contact du corps, ou à proximité immédiate, il peut en résulter au moins trois types de blessure:

    - arrachement d'un membre
    - lésions externes comme des plaies ou des brûlures
    - lésions internes dues à l'onde de choc (typiquement: des lésions pulmonaires ou d'autres organes mous)

    Les deux premiers types de blessures sont relativement simples à traiter en médecine d'urgence, en dépit de leur caractère impressionnant. Le 3ième type est difficile à traiter et peut être mortel.

    Contrairement à ce que Koltchak affirme, car il est mal renseigné, il existe au moins un cas documenté de décès par emploi de cette arme au cours d'une manif en france, en 1977 (un écolo lors d'une manif antinucléaire). Cette victime est décédée de lésions pulmonaires (3ième type), semble-t-il.

    Par ailleurs, de nombreuses personnes ont été victimes de blessures des types 1 et 2.

    L'arme est donc dangereuse et son emploi strictement réglementé.

    Le rapport d'autopsie de Rémi Fraisse n'a pas été rendu public, mais il est fait mention d'une plaie profonde en partie supérieure du dos, avec traces de brûlure et traces de résidus d'explosif sur les vêtements. Il n'est pas précisé si cette plaie serait la cause directe de la mort, par hémorragie par exemple.

    L''explosion aurait donc eu lieu à proximité immédiate de la victime, ce qui orienterait la recherche des causes de la mort vers le choc hydrostatique dû à l'onde de choc, donc une blessure de type 3.

    Le problème de ces grenades est qu'elles sont réputées non létales, alors que dans des cas statistiquement rares elles peuvent provoquer une mort quasi certaine.

    Ici, une des hypothèses serait que par malchance, la grenade se serait logée entre le corps de la victime et son sac à dos. Si tel est le cas, alors se serait très exactement ce qu'il faut pour provoquer une mort certaine, même avec une faible quantité d'explosif.

    Le TNT étant un explosif à combustion rapide, la vitesse de propagation de l'onde de détonation, certes élevée (7.000m/s) manque de persistance pour produire une onde de choc réellement dangereuse dès qu'on s'éloigne ne serait-ce que de quelques mètres de l'explosion, motif pour lequel les armes à feu à base de TNT sont réputées non létales.

    Mais si, pour une raison ou une autre, l'onde de choc est canalisée vers un organe mou d'un corps humain, le résultat est sans appel: c'est le décès ou l'invalidité.

    Tout est donc affaire de chance, donc de risque.

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  6. Merci pour les aspects techniques particulièrement bien documentés et qui milite, à mon avis, pour la suppression définitive de ce type de grenade.

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    1. Ca, c'est un problème de maintien de l'ordre et la réponse n'est pas évidente.

      Le cahier des charges des forces de police et de gendarmerie depuis le drame du métro Charonne, c'est zéro mort.

      Pas de mort en France au cours d'une manif, c'est simple, clair net et précis. Ce cahier des charges est globalement respecté, même en cas de manif très violentes, ce qui fait que les forces de maintien de l'ordre françaises sont des références mondiales.

      Mais, si vous modifiez l'arment des forces, vous modifiez la mission de ces forces, donc, le cahier des charges.

      Alors, les décisions hâtives ne sont pas de mise, même s'il se trouve sur Internet des gens qui vous diront toujours que la victime n'avait pas à être là où elle s'est trouvée, ce qui est la réaction des gens bêtes et désespéramment honnêtes.

      Le fameux bon sens qui doit plus à la connerie qu'aux neurones du cerveau de l'être humain et les centaines de milliers d'années d'évolution

      L'intelligence, c'est de trouver un armement qui sans changer la mission (qui relève de la justice et de la sécurité), permet aux forces de mieux remplir le cahier des charges (sur lequel il existe un consensus démocratique) dans des conditions pires (qui sont parfois le prix à payer pour la démocratie: la manif violente).

      Entre un Koltchak, qui a une vision très manichéenne et peu empathique des choses qui colle assez mal avec son christianisme affiché, c'est un cœur de fer qui bat dans une poitrine de bile, et vous, partisan d'une interdiction d'un truc dangereux (ben oui mais bon, à ce moment là on interdit même le beurre qui, en cuisant dans la poêle trop chaude peut faire du beurre noir cancérogène qui va coûter à la Sécu - et donc il faudrait fixer le prix du beurre en fonction de son coût social) il existe une troisième voie: réfléchir posément.

      En clair, innover pour s'adapter au changement de donne: les manifs d'aujourd'hui sont des affrontements ultra-violents et complexes et qui sont le produit d'une société qui n'est pas apaisée. Comment maintenir une exigence de zéro mort dans un environnement très contraint?

      Sans mauvais jeu de mot, c'est le casse-tête.

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  7. Coeur de fer, oui quand il est question d'ordures qui ne sont là que pour en découdre avec les miens, et qui ne souhaitent rien sinon casser voire tuer du flic ou du gendarme. Et oui, ce n'est pas un secret, je hais viscéralement les gauchistes. Si pour vous c'est un océan de bile, et bien je m'en branle.

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  8. Vous branler dans un océan de bile, c'est tout vous.

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