dimanche 25 mai 2014

Avoir vingt ans sous Giscard



Nous sommes quelques six millions à pouvoir encore dire j'ai eu vingt ans sous Giscard. Nous sommes sûrement plusieurs millions a ressentir de la nostalgie pour cette période. Et puis il faut ne pas tarder à en parler car notre population, celle des vingt ans sous ce septennat, a diminué de près d'un demi million en vingt ans...c'est angoissant, non ?
Je ne souhaite pas plagier la jeune Camille Chamoux qui rencontre un beau succès et une belle critique de Telerama avec une pièce que je ne connais absolument pas mais dont le titre m'a inspiré quelques lignes sans prétention.
Cette période démarre (presque) avec un film qui rencontrât un succès énorme, Les Valseuses. Pour les cinéphiles (neverbeen?) cette œuvre n'est sûrement pas le film du septennat. Le machisme de Bertrand Blier n'est pas toujours du meilleur goût, Depardieu n'était pas ce gros con d'aujourd'hui, Dewaere, Miou Miou, Jeanne Moreau, Brigitte Fossey étaient magnifiques, mais ce long métrage est à mes yeux emblématique d'une époque où les programmes des salles de cinéma étaient chargés en X....

Il y a déjà cinq ans que Brel, Ferré et Brassens se sont rencontrés et moi je préfère écouter après ZZTop ou Ten Years After, Lavilliers, Higelin ou Béranger. Plus difficiles à écouter sur les antennes classiques mais ...d'autres préféraient Claude François, moi je le tolérais pour les clodettes.
Deux hommes, des génies dans leur catégorie exploseront dans ces années Coluche et Platini. Bon, il faut aimer les conneries et le football ou plus exactement l'humour caustique et les artistes du ballon rond.
 Il faudra attendre le septennat suivant pour assister à une explosion libertaire et culturelle.
Cependant, politiquement, on peut considérer que cette période est pré progressiste.
Les réformes sociétales fondamentales comme la loi relative à l'avortement ou importante comme celle de la majorité à 18 ans ont marqué l'époque giscardienne. Économiquement, ces années sont synonymes de chômage et d'inflation. Ça la foutait mal pour un président qui se targuait d'être un grand économiste, ancien meilleur Ministre des Finances de la cinquième....

A l'époque le tandem Giscard Barre étaient de droite pour tous ceux qui pensaient un tant soit peu à gauche. Cette décennie verra la fin des vraies manifs de gauchistes. Quand on était gauchiste, on avait rien de commun avec les de gauche d'aujourd'hui. Combien de lois social-démocrates sont nées sur le terreau des gaucho, Mao, Coco, anarcho....et plus encore de ces années là ?
Aujourd'hui, on qualifierait ce tandem de centristes de droite, et encore..
Et pendant ce temps là, les réacs n'étaient qu'une poignée à la droite des gaullistes. Le bon temps quoi.
Personne ne se doutait qu'un Président Ukrainien ne pourrait être élu quarante ans plus tard, personne ne pouvait imaginer que ce machin qui faisait rêver, encore, 40 ans après ne déplacerait guère plus de 40 % d'électeurs (encore optimiste à l'heure où j'écris). On n'ignorait presque tout des pays de l'est et on espérait tout autant de la Communauté Européenne. Je vous le disais, le bon temps, surtout quand on lit les premières estimations catastrophiques de 20h
Finalement la France a bien plus de 70 ans de retard par rapport à l'Allemagne. Les fascistes obtiennent les meilleurs résultats maintenant. Le temps sera long pour gommer la connerie qui hante le cerveau d'un quart des votants. 1974-2014, quel contraste...

2 commentaires:

  1. Je serai tenté de paraphraser Daniel Cohn-Bendit :"nous l'avons tant détesté V.G.E". Et aujourd'hui, cette détestation apparait comme une douce et ironique nostalgie. Je ne crois pas que le président actuel me fera autant rire quand il quittera le pouvoir, un brin de bruyère corrézienne sur la table et un air d'accordéon (fabriqué à Tulle) pour souhaiter bonne chance à la France !
    J'ai toujours bien aimé "les Valseuses". Était ce l'air du temps? Il n' y avait rien de nauséabond dans ce libertinage un peu anard.
    On peut regretter qu'une balle perdue n'ait emporté Gégé avec Patrick.... Deux icones pour l'éternité....

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    1. Ça aurait été une belle Série Noire....
      Cette époque était quand même confortable. On votait à gauche, tout le temps à gauche et la droite gardait le pouvoir. Impossible d'être déçu.
      Aujourd'hui les gens aux élections européennes, symboles de paix, votent pour les partis les plus violents, sécuritaires, identitaires, nationalistes....un comble...la connerie n'a pas de limite...

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