jeudi 6 février 2014

La double peine

Dans l'après midi un collègue se présente à la porte de mon bureau et constatant mon air peu aimable (car un peu débordé et agacé) me dit : "je voulais juste de faire un compliment" vu mon air étonné, il ajoute "il est bien Jean-Marc Ayrault, il soutient les fonctionnaires". 
Avec la radio puis l'article des Échos, j'ai enfin compris son allusion. Pour tout dire, mais il est vrai qu'on s'en fout un peu, je n'ai cessé de tenter de convaincre ce collègue de voter à gauche au moins une fois dans sa vie. Ce n'était guère honnête de ma part car étant son supérieur hiérarchique il ne me contrariait que très peu. Mon influence s'arrêtait là même si j'étais très tenté de lui voler sa carte d'électeur tant son vote supposé me révulsait. 
J'en profite pour tordre le cou à une idée toute faite sur les opinions à 80% à gauche des fonctionnaires. Ce temps là est révolu. Le FN est aujourd'hui bien représenté dans la fonction publique, tout comme la droite conservatrice. 
Alors voilà, après quatre ans ininterrompus de gel de salaire, le journal Les Échos nous annonçe un possible blocage de toute promotion. Le démenti des décideurs potentiels est heureux. Mais est ce suffisant ?
La rémunération de la fonction publique est particulièrement complexe à aborder, surtout lorsque la réflexion a pour seul objectif de réaliser d'importantes économies.
Depuis de nombreuses années tous les gouvernements successifs ont tenté de réduire la masse salariale.
Jusqu'à maintenant l'angle d'attaque était la réduction des effectifs. La fonction publique d'Etat s'est d'ailleurs sensiblement contractée. Dans les premiers temps, les gouvernants souhaitaient réduire la voilure pour faire en sorte de mieux les payer. 
Je pense que cette volonté était sincère mais elle n'a pas profité à tous. La part des primes est de plus en plus importante et sa répartition selon le grade n'est pas aussi transparente qu'il serait nécessaire même si des progrès ont été enregistrés ici ou là. C'est la raison pour laquelle le départ en retraite est proportionnellement plus "douloureux" lorsqu'on est confortablement installé dans les sommets de la hiérarchie.(50% du dernier salaire, parfois).
Maintenant, on proposerait une réduction du pouvoir d'achat, une baisse donc du salaire à la grecque (solutions qui ne font guère envie surtout après l'excellente matinale de France Inter aujourd'hui). 
Je pressens que cette rumeur est montée de toutes pièces par des journaux bien à droite pour aggraver encore la confusion qui règne dans ce pays.

Néanmoins, dans le cas où la situation économique nous conduirait à une déflation, cette funeste pensée pourrait devenir réalité. Mais il est vrai que les fonctionnaires ne seraient alors pas les plus à plaindre.....

2 commentaires:

  1. Les fonctionnaires ne sont jamais les plus à plaindre…

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    1. Je l'admets bien volontiers. Cela dit, pas si évident d'être fonctionnaire, beaucoup ont souhaite le devenir sans succès. Donc un peu de reconnaissance de la part de leur employeur ne fait pas de mal.

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