samedi 31 octobre 2026

L'étrangère dans la glace

 (titre en écho d'une chanson de HFT)

Répéter ou ne rien dire.

A chaque visite c'est la question qui me taraude. 

Ne rien dire, c'est embêtant. Répéter c'est fatiguant. 

Ne pas aller la voir pour se réserver, faire en sorte de ne pas s'énerver, c'est culpabilisant.

Alors on y va, on avait promis de garder son calme, de l'aimer, de lui sourire, de la faire rire, d'embellir deux ou trois heures de sa vie triste et monotone. Quel jour, quel mois, quelle saison ? elle l'ignore et s'en moque. Sa mémoire s'efface.

Et puis, le temps est long, ce n'est plus tout à fait elle, ce n'est plus tout à fait moi. La maladie a tout bouleversé, la vieillesse a fait le reste. 

Les visites ne sont plus un plaisir, ne sont pas encore une torture mais on sent bien qu'on y va, lentement.


mercredi 28 octobre 2026

Ce nouveau monde


Ce monde n'est plus le mien !

Marcher dans une rue que vous avez toujours connue, et avoir la sensation de vivre dans un monde inconnu. C'est troublant. Les gens me ressemblent mais plus tout à fait. Dans cette rue piétonne, j'avance un pied puis l'autre comme avant, pas pressé mais d'un bon pas. Et puis on me double simplement, naturellement. J'accélère. On me double encore sans le vouloir pourtant. J'accélère encore, à fond. On me double toujours. C'est surprenant. Ils n'ont pourtant que deux jambes, comme moi. 

Tout à coup, je remarque un détail qui m'avait échappé jusque-là : contrairement à moi, ils n'ont pas les cheveux gris et clairsemés, très clairsemés. La couleur des cheveux ralentit donc la démarche. En revanche les énormes touffes sur la tête des jeunes hommes ne les freinent pas. 

J'observe ces gens, souvent jeunes, vacances scolaires obligent, avec une certaine tendresse empreinte de mélancolie. La plupart vont me succéder dans ce monde incertain. Devrais-je les envier ? peut-être, au moins pour leurs cheveux magnifiques et frisés. Ca y est, la vieillesse m'étreint lentement avec douceur mais sans faiblir. 

lundi 26 octobre 2026

Bruits et douleurs

 


Depuis quelques mois, j'ai le cœur qui cogne ! 

Je n'ai pas d'émotion, je ne me suis pas pressé, mais j'ai le cœur qui cogne.

Je l'ai toujours ignoré, à l'exception d'un bref instant passé près d'une blouse blanche. 

Il battait là pour moi, sans que je m'en soucie. 

Et puis les années ont passé, les décennies aussi, et un jour, il a bougé plus fort. 

D'un toc toc toc, il est passé à un TOC toctoctoctoc     TOC. 

Il voulait entrer dans ma vie, je ne voulais plus l'entendre mais il a forcé la porte. Il est devenu l'unique souci dans mes pensées. Tant et si bien qu'on l'a opéré. Bien fait pour lui. 

Il cicatrise maintenant mais il prend son temps, un temps long, trop long pour moi. Il continue à cogner, moins fort, différemment, peut-être pour dire merci ? 

samedi 24 octobre 2026

L'inespoir

Je republie un ancien billet qui en deux photos symbolise tout ce que pourrait être ce blog désormais : la maladie, la vieillesse, la mort, la manière dont on continue malgré tout, l'envie de mettre des mots sur les choses, avec un brin d'humour ici ou là...

Loin de la politique et de l'actualité, comme un ermite sans limite, 

en pensant à deux grands blogueurs disparus 

"avec le temps va tout s'en va" 






Pour une fois, je sors des sentiers battus politiques pour évoquer l'espace de quelques mots ce poète musicien rocker franc comtois et ancien séminariste.
Mon titre ne fait référence qu'à celui de son prochain album "stratégie de l'inespoir" qui sortira le mois prochain.
Ce n'est pas le désespoir mais c'est connoté triste et négatif.
Ben tiens, ça doit être l'état d'esprit des manifestants du dimanche : "une belle manifestation inespérée , une abrogation inespérable...."
A mes yeux, c'est plutôt désespérant que les cetaitmieuxavant soient si nombreux. 70 000 qui marchent parce que trop préoccupés du cul de leurs voisins. Ils ont oublié le slogan que les mêmes utilisaient il y a presque 40 ans : " laissez les vivre"
il est vrai que pendant que les orchidoclastes martèlent le pavé, elles et ils nous foutent la paix....et puis avec le temps....
Ben voilà, j'ai volé mon âme à un clown....


lundi 29 juin 2020

C'est l'histoire d'un mec

C'est l'histoire d'un mec qui est devenu maire par hasard il y a 25 ans.
 Il n'était pas préparé à ça, il n'était pas fait pour ça
 Il a fait de son mieux et il a été réélu à chaque fois
Réélu dès le premier tour.
 Irascible parfois, directif tout le temps, les autres politiques l'ignorent.
 Il est réélu.
Il est de droite, une vraie droite, la populiste qui ne se satisfait d'aucune action, d'aucun gouvernement.
La décentralisation, la loi nôtre, la réforme des régions, la métropolisation, la mutualisation, rien ne trouve grâce à ses yeux.
La gauche, la droite, le centre, non, sans étiquette y a pas mieux
Il est réélu.
Une campagne menée par lui nous rajeunit.
Il la fait comme dans les années 80.
Il ment, détruit, et copie.
S'invente des convictions.
Écrit des propositions qui deviennent des engagements.
Il en fait plein.
Plein sur tout et sur rien.
Après 25 ans, il aurait encore tant à faire..
Pas de démagogie disait-il.
Il est réélu.
En confiance disait-il, avec méfiance pensait-il.
Cette fois, au premier tour, il n'est pas élu.
La maladie lui donna trois mois de plus.
Au second tour il trembla, il est passé à ça
Les gens ne sont pas venus,
Il a été réélu.


BDC

La démocratie, c'est beaucoup plus que la pratique des élections et le gouvernement de la majorité: c'est un type de moeurs, de vertu, de scrupule, de sens civique, de respect de l'adversaire; c'est un code moral           Pierre Mendès France

mercredi 13 mai 2020

Mieux que la barbe, le masque

55+3
Le confinement est terminé depuis trois jours, mais il dure encore. Sans activité professionnelle, ou en télétravail d'ailleurs, le changement n'est  pas  spectaculaire. Et c'est tant mieux car la prudence est toujours nécessaire. Ne pas faire n'importe quoi, les geste barrières et tout ça, le masque, doivent nous permettre de nous débarrasser peut-être définitivement, allez savoir, de ce truc. Il parait qu'il faut objectiver sa peur ; pour la dépasser en quelque sorte...les gestes barrière. Ou alors l'inverse : il y a bien longtemps, enfant ou ado, lorsque je craignais un événement plus ou moins dramatique, plus ou moins désagréable, j'y pensais sans cesse. Contrairement à certains qui font l'autruche, sans ignorer  le danger, se le cachent, je me mettais en situation. En me disant, si je pense à tout ça, ça n'arrivera pas. Ca marchait pas mal. Objectiver sa peur,  c'est autre chose mais ça peut marcher aussi.
Les gestes barrière, d'accord, mais il faut le masque. C'est vrai, on étouffe la-dessous, c'est vrai ce n'est pas efficace cent pour cent, on nous disait que c'était inutile, qu'on ne savait pas le mettre, qu'on n 'a pas l'air malin avec, que ce n'est pas donné....néanmoins c'est le plus beau geste barrière, c'est pour l'autre plus que pour soi. De plus, c'est encore mieux que la barbe pour se cacher derrière. On sourit, on grimace, on fait la moue, rien ne se voit. Attention, néanmoins, on peut avoir tendance à se parler tout seul à haute voix. On est un peu chez soi. Le plus dur est trouver de l'air mais on va s'y faire, peut-être. On a le droit d'en douter.
A ce sujet, très belle lettre de l'écrivain Olivier Adam lue sur France Inter ce matin sur le doute et les imbéciles qui savent tout et ne doutent jamais. Je doute tout le temps et je me tais parfois, mais est-ce suffisant ?

dimanche 10 mai 2020

Le journal d'un confiné (acte 27 : Le passage à l'heure déconfinée)

Jour 53
Les cérémonies commémoratives du 8 mai 2020 se distingueront aisément des 74 précédentes. Cinq personnes par monument aux morts, pas plus. Par contre, dans certaines communes dont la mienne, aucun des participants ne portait le masque. On porte la gerbe, on est à 50 cm et on oublie la distanciation physique  (mieux que sociale comme l'on fait remarquer mes camarades). Ces photos bien particulières seront des marqueurs pour les historiens. 2020, l'année du covid 19 juste avant celle du covid 2022 ou de la grande famine qui a suivi une augmentation moyenne de la température de 6 degrés. Elle même, conséquence d'une violente relance économique à l'ancienne. Une productive bien centrée sur les énergies fossiles, celles qui favorisent le CO2 et l'effet de serre et qui accessoirement enrichissent les plus riches... 
Oui les psy ont du travail !

Jour 54
On est prêt pour la sortie. On a des masques de toutes sortes. Des jetables, des chirurgicaux, des tissus lavables, bien fabriqués par une pro et peu coûteux, et d'autres encore fournis par mon  fils (par courrier) et achetés sur un site, plus esthétiques, genre bandit de grand chemin. Les premiers coûtent un bras. Leur légèreté, leur minceur ne donnent pas vraiment confiance. Je ne suis pas certain qu'ils soient plus efficaces que les dits grand public. 
On a beaucoup joué durant ces deux mois ou presque ; pour faire plaisir à ma fille de....22 ans, rami, uno, monopoly, bac...; je  sais, comme dirait Philippe, l'écroulement est proche ou déjà atteint.
D'ailleurs, à sa place, j'aurais plutôt parlé d'effondrement ou même d'anéantissement s'il voulait faire fort ;  écroulement, ça fait château de sable...effondrement, ça fait plus sérieux, anéantissement plus apocalyptique. Du coup, Macron n'a pas apprécié ce grand mot. En réalité, il souhaite contrarier son PM tranquillement dès qu'il le peut...pour le faire c...
C'est à croire même que celui  qui serait à l'origine de la création d'un nouveau groupe parlementaire, soi-disant plus écolo, serait Macron lui-même afin d'amorcer sa réinvention...
Oui les psy auront du travail !


Jour 55
Aujourd'hui, dernier jour du confinement radical, la météo nous avait promis des trombes d'eau, on les attend encore à 22 heures. De la pluie toute la journée quand même. 
Sur fb, j'ai lancé un court débat sur le RSA à destination des jeunes précaires de moins de 25 ans. Evidemment, tout le monde y est favorable à l'exception de quelques uns trop attachés à la valeur travail à laquelle ils lui associent d'autres principes désuets et sans fondement surtout dans le contexte actuel. C'est un peu à l'image du revenu de base ou universel sur lequel il y a encore quelques années j'étais encore très réservé. J'y suis aujourd'hui très favorable. Les discriminations en tous genres, les fortunes démesurées sans lien avec de réels mérites, l'évolution du salariat, l'ubérisation, le cynisme de certains néolibéraux ..etc ..m'ont bien aidé à avancer sur ce point.

55 jours après, j'ai pris un peu moins de 2 kilos, quand même (c'est moins que la moyenne parait il). Problème : avec le temps pourri et la fermeture des salles de sport pour de nombreuses semaines encore....ce n'est pas gagné.

L'étrangère dans la glace

 (titre en écho d'une chanson de HFT) Répéter ou ne rien dire. A chaque visite c'est la question qui me taraude.  Ne rien dire, c...