mardi 16 décembre 2014

La France des réacs a peur

Depuis plusieurs mois, je me demande quelles sont les clés du fonctionnement d'un cerveau de réac. Bien entendu, j'avais conscience de leur existence, mais la création de ce modeste blog, les échanges, les lectures de billets, bref la blogosphère m'a permis de mieux appréhender ce caractère politique que je croyais désuet, archaïque, dépassé, en voie d'extinction, ce qui est bien le comble pour le reactionnariat.
C'était bien naïf de ma part de penser que, désormais nous n'aurions plus le choix qu'entre des conservateurs de droite, des conservateurs de gauche, des modernistes de la droite libérale, des sociaux démocrates progressistes ou des écolos un peu moins conservateurs. Évidemment, il y a aussi les fascistes ou l'extrême droite à la française qui est encore plus con que reac, c'est pour dire.
Il faut bien reconnaître que depuis la création de ce blog, c'est à dire depuis treize mois, j'ai l'affreuse sensation que les réactionnaires ont fait des émules ou des petits ou alors que leurs idées sont contagieuses.
Mais quel est le ressort de leur réflexion ? Comment réussissent ils à se comprendre, à se multiplier, à se fédérer ? Quelle est la base de leur raisonnement ?
Car enfin, il y en a des cons voire très cons, mais il y a aussi des gens intelligents et quelques uns sont même extrêmement brillants (j'ai dit quelques uns, il ne faut pas exagérer non plus, à ma connaissance, ils se comptent sur les doigts de la mains, mais je peux me tromper......il y en a peut être qu'un ou pas).
Finalement leur ressort est la peur. Oui la peur.
Qu'ils soient racistes, antisémites, islamophobes, xénophobes, homophobes, germanophobes ou même socialophobes, tout à la fois ou un peu de tout, leur problème est la peur, la crainte de perdre quelque chose de leur vie passée ou présente, l'angoisse de ne pas se sentir assez fort pour rester soi même. Ils imaginent la France telle qu'elle est, mais en petit, comme si la petite bête pouvait manger la grosse.
Le peur est contagieuse, créatrice de mirages, convulsive, castratrice. Elle rapetisse.
La peur paralyse tout. Les réacs peuvent être alors dans la dimension basique de l'existence : la survie. Seuls les plus intelligents parviennent à construire de véritables croyances, peut être même
une idéologie pour les meilleurs. Mais quelle idéologie !
Seulement, la peur pour quelques uns, l'effroi pour la majorité, ne serait ce pas le déclin pour tous ?

23 commentaires:

  1. Posez-vous cette question simple : de ces eux hommes, l'un qui dénonce à voix haute et sans se cacher les débordements d'une certaine catégorie de personnes, ou l'autre qui passe son temps à excuser leurs crimes et à les assurer qu'on va tout faire pour leur rendre la vie plus facile en accédant à toutes leurs exigences, quel est celui qui, au fond, tremble de peur ?

    Il est parfaitement illogique, par ailleurs, de reprocher à la fois à vos adversaires d'avoir peur de l'islam et de vouloir le combattre.

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    1. Je suis désolé mais j'ai déjà réfléchi à cette question sauf que la seconde proposition ne correspond a personne que je connais, ni moi, ni personne de la gauche républicaine, bien au contraire.
      J'ai réfléchi longuement et je n'ai aucun doute, le ressort c'est bien la peur.entre Sarko et Hollande, lequel a le plus peur ? Ça ne se discute pas, c'est évidemment le premier et ça se voit dans le comportement, physiquement mais aussi d'un point de vie politique. Je suis certain que vous êtes d'accord.
      Enfin une métaphore un peu nulle mais qui peut vous parler: un petit chien aboie tout le temps par peur, le chien de taille respectable tolère et prend son temps pour contrôler la situation...
      Aboyer n'est pas une preuve de courage.
      Enfin, il vaut mieux ne pas avoir peur pour combattre, la peur est mauvaise conseillère.

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  2. Didier, je sais pas si vous mesurez le côté flippant de la théorie du grand remplacement: le soir vous vous couchez avec votre femme, le lendemain, vous vous réveillez avec une Arabe barbue et voilée.

    Hiiiiiiii!

    Quand on me dit un truc pareil, j'ai très envie de massacrer des gens sur une île. N'importe qui, même des socialos feraient l'affaire. Bon, j'irais pas non plus me geler les couilles jusqu'en Norvège pour ça, mais s'il y a une petite île avec plein de socialistes dessus pas loin de chez moi, j'y vais, tel Charles Martel à Poitiers.

    Je flippe carrément de ma race, quoi.

    Je dirais donc que c'est précisément parce que les islamophobes ont peur de l'islam qu'ils veulent le combattre et qu'on peut très logiquement leur reprocher les deux:

    - se faire une réalité d'une chimère, par pure trouille
    - se lancer dans un combat sans raison

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    1. Je vais dans ce cas poser une question corollaire et tout aussi simple que la première : n'a-t-on absolument aucune raison de se méfier (ou d'avoir peur) de l'islam, compte tenu de nos rapports avec lui durant les 1300 dernières années et de ce qu'il est aujourd'hui, partout où il est présent sur cette fucking planète ?

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    2. On a des raisons de se méfier de l'islam et on peut même en faire l'inventaire, avec de belles petites catégories:

      1) les raisons classiques, propres à toute religion monothéiste qui se respecte:

      - L'islam produit du fanatisme religieux
      - L'islam est prosélyte: il recherche la conversion des populations, mais pas de façon aussi ancienne qu'on le pense.
      - L'islam a tendance à investir la totalité du champ social pour gouverner les comportements des gens: comme un gaz il occupe tout le volume disponible, il faut donc mettre les limites.
      - L'islam est hostile à la rationalité scientifique dès lors qu'elle échappe à son projet qui est assez frustre (le Musulman est un être rustique selon le Coran).
      - L'islam est globalement méfiant à l'égard de la société libérale et a une vision rétrograde de la femme ( une femme= 2 chameaux) et de la sexualité (centrée sur la bite du mec et sa précieuse liqueur).

      Ce en quoi il ne se distingue pas particulièrement de tout autre religion, qui traine le même genre de casseroles.


      2) Les motifs de crainte inhérent à l'islam

      - L'islam est divisé par des conflits de nature religieuse: il traverse sa phase "guerres de religion" et nous sommes d'ores et déjà impacté de façon collatérale ou direct, lorsque des illuminés se mettent en tête de déclarer la guerre au grand Satan occidental.

      C'est un problème géostratégique et de sécurité interne.

      - L'islam, dans sa doctrine actuelle, qui est figée depuis plusieurs siècles, n'intègre pas le concept de laïcité bien qu'il existe des Etats musulmans laïques, comme la Turquie, et bien que les Etats musulmans aient élaboré des modèles administratifs qui, en pratique, leur permettent de distinguer le temporel du spirituel.

      C'est un problème politique.

      3) Les motifs de crainte inhérent à nous, à ce qu'on est

      - La France est un vieux pays catholique qui considère l'islam comme un ennemi séculaire: forcément, ça aide pas.

      - La France est un pays centralisé et étatiste: Ici, c'est l'Etat qui gouverne les citoyens, pas la religion.

      - La France a un mode particulier d'intégration de ses minorités religieuses: elle n'intègre que des rescapés.

      Explication: en France, on persécute les minorités religieuses, puis on intègre les survivants. On l'a fait pour les Protestants, les Juifs et même les Roms.

      Notre intégration de l'Autre passe par une phase de maltraitance, ce qui génère évidemment des frictions.

      La question qu'on se pose avec les Musulmans est de savoir si on reproduit ce modèle d'intégration traditionnel. Un type comme Zemmour répond oui.

      D'autres personnes, dont je fais partie, se demandent si c'est vraiment nécessaire de passer par la phase "persécution" pour finalement intégrer des gens qui nous ressemblent et vivent déjà parmi nous depuis plus d'un demi-siècle et dont on est très proches à maints égards.

      Donc, en gros l'idée est de savoir si on va repasser par un vieux modèle d'intégration (avec une phase "persécution d'une minorité religieuse" comme on a fait avec les Juifs ou les Protestants) ou si on innove en inventant une formule plus civilisée et qui correspond à la fois à notre culture et nos besoins.

      Faut pas non plus se lancer dans des aventures qu'on pourrait regretter plus tard. Regardez comme on s'en veut pour ce qu'on a fait aux Juifs.

      Enfin je dis ça, mais on ne s'en veut pas tous: certains regrettent que le travail n'ait pas été terminé (Dieudonné).

      V'là le topo.


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    3. Tschok, on est d'accord mais je vous sens prêt pour ouvrir un blog non ?

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    4. Non, c'est vachement plus marrant de faire des coms longs et chiants sur celui des autres.

      (Bon, là j'me suis lâché, mais c'est Didier qui m'a provoqué, j'ai des circonstances exténuantes)

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  3. Didstat, mais voyons, le vrai ressort des réacs, ce n'est pas la peur: c'est la nostalgie!

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    1. La nostalgie du temps où on n'avait pas peur.

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    2. Bien sur que non, c'est ce que je croyais. C'est la peur. mais vous savez la peur prend des formes diverses et variées. Réfléchissez, vous verrez.
      Après, je généralise parce que c'est plus commode mais vous n'êtes pas tous construits sur le même modèle. À éviter a tout prix l le modèle Zemmour.

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  4. Arrêtez donc de vous faire des films, et surtout de ressortir les conneries débitées par des abrutis.

    Il y a un truc pourtant simple à comprendre. Un peuple, une terre. C'est un peu comme chez vous. Si un jour vous rentrez dans votre baraque et que vous trouvez un type vautré sur le canapé, qui a vidé le frigo, qui a les pieds sur la table et qui en plus se plaint de la qualité de la bouffe et de la fraîcheur de votre accueil, vous en avez pas peur, vous avez juste envie de lui coller un bon coup de latte dans les noix, histoire de lui montrer le chemin de la lourde, en lui signifiant que vous êtes chez vous et qu'à ce titre vous n'avez aucune obligation envers lui, surtout si c'est un porc.

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    1. Vous perdez votre temps, mon ami…

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    2. Et oui, car vous le savez, j'ai raison. De plus, la violence est toujours l'arme des plus faibles.
      Ça me fait sourire car a l'exception des moments où je suis traité, enfin mes opinions, avec le mépris, l'ensemble des arguments avancés demontrent que j'ai complètement raison.
      Désole, ne m'en veuillez pas Koltchak, mais je trouve que votre façon de régler le problème est très loin de vos convictions religieuses, et cela est quelque peu comique.
      En même temps, comme on dit maintenant, je n'ai pas de solution tout faite aux difficultés que vous pouvez évoquer les uns ou les autres.
      Les problèmes sont complexes et en dehors de prôner la tolérance, le pragmatisme ou le respect de la démocratie republicaine par exemple, je me garde bien de donner des leçons a tout le monde.
      Cela dit, merci d débattre avec moi. Cher Didier Goux ne me faites pas passer pour un type trop buté pour comprendre les opinions opposées, vous allez vous transformer en Corto qui n'accepte d'échanger qu'avec des personnes de meme avis et puis ce serait un peu méprisant . Ce serait trop con, non ?

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    3. Que savez-vous de ma religion ? Je ne suis pas un de ces catholiques à babouches, mièvres et geignards au point qu'on pourrait croire qu'ils sortent de Solferino. Ma foi est proche de celles des miles christi d'antan, façon Renaud de Chatillon. Traditionaliste, je ne me reconnais pas dans ce pape qui fait tout pour complaire à ceux qui veulent détruire l'Église.

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    4. J'avoue, je n'y connais rien. Mais Historia me dit que c'était la honte des croisés.
      C'est un précurseur qui a fait déjà le siège d'Alep ?
      Pas trop sympa globalement. Enfin ce n'est pas un modèle récent, vous n'avez pas plus contemporain ?

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  5. Je sais pas de qui Koltchak parle au juste, mais quelqu'un va dérouiller.

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  6. Puis-je avoir l'adresse de Mr Didstat afin de m'installer sur son canapé, vider son frigo et me taper sa femme, puisqu'il proclame qu'il ne se mettra pas en colère...
    Merci d'avance. Chez lui c'est maintenant aussi chez moi.

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    1. Vous seriez probablement déçu. Je ne vois pas à quoi vous faites référence ou alors si c'est ce que je pense, essayer d'abord de réfléchir un peu car tout se mérite et pour l'instant.....

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    2. Ô Maître de la tolérance, vous prônez la non-violence, donc je reprends l'exemple de Koltchak auquel vous n'avez pas (vraiment) répondu.
      Eclairez ma lanterne et dites moi comment réagir si un type se pointe chez moi, vide mon frigo etc....sans avoir été invité.
      Ca me rappelle ce trou du cul de Renaud (le chanteur) qui a dit une fois qu'il ne se battrait pas pour sauver l'autoradio de sa bagnole. Oui, mais lui il le gagnait en 5 minutes. Moi, à l'époque, il me fallait une semaine de paye (au moins) pour en avoir un. Alors tendre l'autre joue comme Jésus, c'est tentant, je l'avoue, mais j'ai encore du mal.
      Pour revenir à l'essentiel, je n'ai pas de culpabilité, ce n'est pas moi qui ai esclavagisé les noirs (pardon pour le barbarisme), déporté les juifs ou les protestants, ni molesté les immigrés, et à l'étranger je respecte les coutumes de mes hôtes, par contre j'estime que chez moi le patron c'est encore moi et que celui qui s'invite doit suivre mes règles en priorité et pas forcément moi les siennes.
      Là est tout le problème. Après, chacun peut faire ce qu'il veut s'il n'emmerde pas autrui (je crois que c'est du Voltaire Moderne).
      Suis-je un de ces affreux beaufs réacs zemmouriens que vous abhorrez ?
      Merci pour votre réponse.

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    3. Vous êtes probablement reac ou alors c'est bien imité. Vous savez, ce n'est plus un défaut, il y en a tellement, malheureux ou pas. Beauf ? Je ne le crois pas, et Zemmourien ? Ça ne représente rien, de toutes façons, j'espère pour vous que non, voyez et entendez toutes les conneries qu'il écrit, qu'il dit, imaginez ce qu'il a encore dans la tête, ça ne doit pas sentir bien bon....

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    4. L'art de ne jamais répondre aux questions concrètes, puisqu'on n'a aucune réponse… À la place, égrener ses confortables certitudes, débiter son petit chapelet d'anathèmes puérils…

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    5. Justement si je réponds et gentiment même. Ce serait bien que d'autres m'imtent.
      Anathème, bof, puéril, Surement pas.
      Le coup du frigo par contre oui, c'est enfantin, mais c'est frais au moins.

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