lundi 13 avril 2020

Le journal d'un confiné (acte 12 : La découverte)

Jour 26
Donc les confinés s'évadent par les chemins forestiers !
Nos voisins espagnols ont été surpris de constater que certains français confinés étaient arrivés par magie, la nuit peut être,  pour passer les vacances dans leurs résidences secondaires. Toutes les routes étaient barrées, il restait les chemins forestiers et ils les ont empruntés.
On parle de fraternité, de solidarité, d'enfer pour les soignants....
Heureusement, le monde est imparfait. Pour d'autres, seul leur plaisir n'a d'intérêt, même en temps de "guerre". Cela ne surprend personne, mais ce n'est pas inutile de le rappeler.
Il n'était pas rare qu'auparavant, gâtés que nous étions, on s'interrogeait sur notre conduite au cours de la dernière guerre, la vraie celle-là. Comment se comporteraient nos concitoyens en 39-45 ? Nous sommes renseignés.
Certains dénoncent leurs voisins qui prend l'apéro un peu bruyamment, d'autres appellent la police pour des jeunes en moto, d'autres encore interpellent la mairie pour de trop nombreux joggers près de chez eux, d'autres enfin filment des familles qui courent et jouent ensemble pour défouler leurs enfants peut être un peu trop nombreux et le publient sur les réseaux sociaux, et  les meilleurs profitent de leurs vacances en Espagne...
Il y a pire encore, car la violence en confinement est plus douloureuse.
Et enfin, il y a moi et quelques autres. En 40, j'aurais aimé être résistant, en 2020 je ne fais rien et je l'écris.
C'était le 26ième jour.

Jour 27
Depuis quelques jours, je pars en début de soirée, accompagné ou pas, marcher dans mon quartier. Sans ce confinement, il ne me serait jamais venu à l'idée de traverser, de droite à gauche, du nord au sud ou ce que vous voulez, dans un rayon d'un km, ce quartier qui n'a aucun intérêt esthétique ou urbanistique, ou même environnemental. Du coup, comme on dit maintenant, je découvre des trucs. Une place en travaux, cachée par des bâtiments d'un petit groupe scolaire, mais plutôt agréable avec des arbres assez beaux. Cette place se  situe au centre d'un lotissement très ancien de maisons d'ouvriers, ce qu'on appelait des chalandonnettes. Elles sont souvent rénovées avec goût. Un peu plus loin, un lotissement des années 80. Assez bien entretenus, ces pavillons ne sont pas si laids. Pourtant, à l'époque le choix de lotir et de laisser construire des maisons individuelles sans charme et parfois sans beaucoup de moyens, était très critiqué. Aujourd'hui, profiter d'espaces, de jardins, est particulièrement apprécié. La densification urbaine est elle vraiment la solution ? Bien entendu, elle limite l'étalement urbain et les heures de transports, la pollution, mais à quel prix ? La meilleure solution pour l'homme et la planète? le télétravail, le coworking, habiter près de son bureau, usine, commerce, ne pas travailler...ok c'est nul mais il faut y réfléchir.
Trois au cube !

vendredi 10 avril 2020

Le journal d'un confiné (acte 11 : On dirait le Sud)

Jour 24
Le jour où Macron rencontre Raoult. Pas un petit entretien entre deux portes contaminées mais 3h d'échanges qui ont du satisfaire les ego de chacun.
Qu'est ce qu'ils ont pu se raconter ces deux mecs qui, jusqu'à encore quelques semaines n'avaient aucun point commun, en terme de notoriété et de popularité du moins?
Les deux sont à droite et les deux s'en défendent. On ne peut pas être l'ami de tous les LR de la région sans en être, comme faire voter ou initier les lois les plus libérales de ces dernières années, non plus.
Cela fait au moins deux points communs....
3 heures : l'un est bien dans la récupération, l'autre dans la puissance ; on ne passe pas trois heures sans partage. L'un donne des éléments de langage, l'autre assure des lendemains qui chantent...
 Après je m'en fous, moi, j'ai nettoyé ma terrasse et ce n'était pas une sinécure

Jour 25
Alors si des mairies de droite ont des idées de gauche, on est mal.
Je vous rassure ce n'est pas ma municipalité, c'est la mairie de Marseille. Rien d'extraordinaire mais une initiative particulièrement sensée. Aide aux familles  marseillaises qui bénéficiaient de la gratuité de la cantine
Ce cher vieux Gaudin a déclaré, à ceci près : "ce n'est pas parce qu'elles sont confinées que les familles n'ont plus de difficultés" Son idée est donc d'aider les familles qui bénéficiaient de la gratuité de la cantine...en proportion de la participation de la mairie. C'est simple mais c'est bien ! 
Cette mesure doit pouvoir être copiée. Je suis sur que celui qui occupe les fonctions de maire de Bordeaux va s'en préoccuper après avoir commandé des masques qui seront ou pas réquisitionnés par l'Etat ; il a tellement envie d'être élu.
En ce qui me concerne, rien ou presque en dehors de quelques encouragements pour le mémoire de ma fille.
C'était 5 au carré. 

jeudi 9 avril 2020

Le journal d'un confiné (acte 10 : Pas d'après sans masque)

Jour 22
Aujourd'hui pas de politique. Je ne vais pas encore réfléchir à l'après, je n'ai aucune idée originale. Il faudra toujours plus d'écologie et de solidarité. J'y reviendrais mais après ce n'est pas maintenant. Maintenant c'est le confinement et ma journée type de confiné inactif (je n'aime pas retraité) se déroule tranquillement. On a le temps de lire, faire le tour des réseaux sociaux, un peu de sport, gérer son frigo, profiter de son extérieur plus communément appelé jardin ( tondeuse cet aprem), marche autour du pâté de maisons (courir sur 500 mètres c'est chiant), relecture des dossiers de ma fille étudiante ...etc..
Faut du talent pour remplir un journal de confiné avec ça. 
Heureusement, discussion sur whatsapp sur la date des élections municipales qui devraient se dérouler en même temps que les départementales et les régionales en mars 2021. Cette éventualité se confirme chaque jour un peu plus (de source sûre). Cela ne va pas manquer de piquant si les alliances sont variables en fonction des élections. On peut espérer justement un peu plus de cohérence...
22 et toujours de la politique.

Jour 23
Une idée m'est venue et comme je doute un peu de tout en ce moment (j'ai le droit, on est un peu dans la merde quand même ! ), je me demande si la prophylaxie fait partie de l'ensemble des connaissances nécessaires pour exercer des fonctions au  sein du gouvernement ? Pas à n'importe quel poste mais à celui de Ministre de la Santé par exemple. Certes, il est médecin, il n'est pas tout seul, mais il a pu oublier certaines bases. Comme il y a un mois le masque était inutile et inapproprié, comme il y a moins d'un mois il était possible sans grand danger d'organiser des meetings à plus d'une centaine de personnes, j'ai quelques doutes, sûrement à tort, (mais quand la confiance est partie..) sur leur certitude concernant l'inutilité du nettoyage et surtout de la désinfection des rues des centres ville. La Corée du Sud, par exemple, qui n'a pas trop de leçons à  recevoir de notre beau  pays sur la façon de gérer cette cata, s'y attache depuis le début. Et il faut admettre qu'ils ont quelques résultats. Quand on observe qu'au Laos, une poignée de millions d'habitants, au 110ième rang en terme de PIB, tout le monde dispose de masques et gel hydroalcoolique à profusion, on doute...
Bon, on va bien s'en sortir, un jour...peut-être.
Pour changer de sujet car la vie continue, je viens de lire un excellent article écrit par Rachid Zerrouki parue dans Libé au mois de décembre 2019 (grâce aux amis fb), "Faut il parler des déterminismes sociaux aux jeunes qui les subissent ?" La réponse est dans la question, non, mais pas franchement non. Difficile à résumer. Il est clair qu'il ne faut pas leur en parler clairement, sinon ils vont crier à l'injustice, mais il ne faut pas non plus leur faire croire que notre société est uniquement fondée sur la méritocratie. Cela ne pourrait que les culpabiliser un peu plus. Par conséquent, à mon humble avis, il faut jongler entre tout ça et leur donner un maximum de chances en développant la discrimination positive au mieux.
Ainsi, il y a une certaine analogie avec le mélodrame que nous vivons, car finalement, le gouvernement ne veut pas vraiment nous dire que les masques et les tests sont indispensables, que le confinement sans ça va durer six mois, il nous laisse découvrir notre misère comme des grands.
23.

lundi 6 avril 2020

Le journal d'un confiné (acte 9 : Les joies de l'incertitude)

Jour 20
Où j'ai assisté médusé à un dialogue entre Pascal Perri et François Lenglet sur une chaîne d'infos.
Leur discussion n'était pas sur le monde d'après mais sur le monde d'avant hier, ou comment faire pour le retrouver. Ils  ont commencé leur échange en regrettant l'enterrement de la réforme des retraites sur laquelle de toutes façons il fallait y revenir un jour ou l'autre et de manière encore plus sévère. Ces deux libéraux n'ont quand même pas osé reparler  de la retraite par capitalisation au regard de l'état de la bourse en ce moment. Ils se sont inquiétés du montant de la dépense publique. Il faut évidemment la diminuer surtout la part liée aux dépenses sociales. C'était tellement caricatural et hors  sol qu'à certains moments on pouvait déceler un peu de gêne de la part de Lenglet. Après, je ne les écoutais plus et je m'attachais plus à la forme qu'au fond bien basique et assez nul. Il est vrai que ces deux journalistes n'ont aucune formation universitaire en économie. Ils brillent sur les plateaux en répétant leur théorie néolibérale apprise par leurs copains de la sphère politique bien à droite même très à droite en ce qui concerne Perri. Ce n'est pas encore demain qu'ils vont envisager de mettre l'humain au centre de toutes les préoccupations et notamment de l'économie.
A part ça, un vrai dimanche bien confiné, contrairement à ce qui semble s'observer ici ou là.
Ainsi ce fut du vin sur vin.

Jour 21
Ce 21ième jour est fait de contrastes.
On dit que ça va mieux mais le nombre de décès augmente à nouveau assez sensiblement en Italie mais surtout en France. Le confinement pourrait commencer à produire des résultats mais une part de la population ne le respecte plus.
La lecture de l'entretien du philosophe Edgar Morin et les bêtises proférées par Bolsonaro crée un contraste réjouissant, la lumière et la nuit.
Pour Edgar Morin, le débat scientifique est fait de controverses et c'est ce qui permet à la science d'avancer. On imaginait à tort qu'elle n'était constituée que de "vérités absolues". Cette épidémie nous apprend que "nous devons vivre avec l'incertitude".J'aime bien cette idée. J'aime bien les gens qui doutent."Vivre c'est naviguer dans une mer d'incertitudes, à travers des îlots et des archipels de certitudes sur lesquels on se ravitaille". Après cette brillante métaphore, il enchaîne sur les changements potentiels générés par la crise : un nouveau management, le retour à la production locale, la  fin de l'industrie du jetable....se débarrasser de l'inutile, de la surconsommation, et mettre en avant les valeurs de solidarité....
A l'opposé, même les militaires brésiliens ont compris que Bolsonaro n'était pas seulement un populiste, un extrémiste de  droite mais aussi un véritable imbécile. Ce monsieur ne voyait pas d'inconvénients aux nombreux morts du covid. L'économie polluante est son seul souci. A tel point que les militaires l'écartent peu à peu du pouvoir. Un petit coup d'Etat en cours ?
L'opinion est quelque chose d'intermédiaire entre la connaissance et l'ignorance.   Platon

samedi 4 avril 2020

Le journal d'un confiné (acte 8 : La bienveillance et le mensonge)

Jour 18
Penser la France d'après....
Beau sujet. C'est essentiel, penser la France, pas seulement la France mais la vie après le covid. C'est pénible, je n'arrive pas à me projeter. 
Comme chantait Bernard Lavilliers, Juste après la guerre, Tout est à refaire...ou pas. D'ailleurs peu de texte dans sa chanson. On doit tout refaire, mais on ne sait pas quoi et comment. En même temps, nous n'aurons pas fait tout ça pour rien. Ou plutôt, nous n'avons pas rien fait pour ça ? C'est à dire, relancer les industries polluantes, faire trois fois le tour de la terre pour aller se dorer sur une plage, subventionner à nouveau l'agriculture productiviste, enrichir toujours les mêmes, tellement bien qu'ils vont mourir  étouffés par leur pognon, exploiter toujours les mêmes enfin tous les  autres, beaucoup d'autres, laisser toutes les industries essentielles au bout du monde, faire toujours un plus d'économies sur la santé ...etc...etc...Si on veut y penser, il y a de quoi.  D'abord, donner  plus de place aux humanités ou pour être plus simple à la bienveillance. La gentillesse, c'est bien mais c'est démodé. Regarder toute chose avec bienveillance. Ce ne serait pas plus doux ? Ne faut il pas promouvoir un changement profond du rapport aux autres ? 
On en reparlera.

En parlant de bienveillance, quelques nouvelles de Bolsonaro : il a déclaré hier ou avant hier qu'un jeûne d'une journée et prier devraient suffire pour passer cette épreuve. Pauvres brésiliens.

Jour 19
Où l'on comprend enfin qu'une fois de plus on nous a raconté n'importe quoi.
C'est presque un mensonge d'Etat cette affaire. Pendant des semaines on nous a vendu l'idée que le masque pour chacun de nous était complètement inutile. Les gestes barrières suffisent et de toutes façons on ne saurait pas les mettre, ces masques. En réalité, des masques, nous en disposons encore beaucoup moins que du gel hydroalcoolique. C'est peu dire. Concernant ce dernier, à l'exception d'une fiole grande comme mon pouce (et j'ai un petit pouce) que j'ai payée une fortune, je n'en ai trouvé nulle part depuis un mois. Pas très grave, je ne sors pas ou presque. Par contre, j'aimerais bien sortir un jour quand même, et pas à la saint glinglin ou même au 14 juillet. Si j'ai bien compris, cette sortie pourrait être conditionnée à deux choses : les masques et les tests. A ce rythme, au déconfinement, même mon fils ne me reconnaîtra pas.
Ce gouvernement nous ment, pas par plaisir, mais par bêtise. Il pratique un type de management adulte-enfant  alors que nous attendons, pour la plupart d'entre nous, un mode de gestion adulte-adulte. Il aurait pu nous expliquer, on s'est fait avoir comme des bleus, on voulait tellement faire d'économies qu'on a pensé que les masques étaient inutiles....un truc comme ça mais en mieux. Bref, il nous prend pour des cons, beaucoup plus que ses prédécesseurs dont certains avaient déjà pourtant bien abusé. Il paraît que le jeune homme qui occupe les plus hautes fonctions est un centriste. C'est sûrement la raison pour laquelle, il nous prend pour des trous-du-cul.
Aujourd'hui, le trou-du-cul confiné n'a pas fait grand chose mais au soleil...
C'était encore un jour premier.

jeudi 2 avril 2020

Le journal d'un confiné (acte 7 : L'écologie déconfinée )

Jour 16
Je suis inquiet. Le gouvernement va organiser une réflexion pour proposer une ébauche de stratégie de fin de confinement. Ce déconfinement serait régionalisé, dépendant d'une mise à disposition de tests et en fonction de classes d'âge.
Bon, on s'amuse beaucoup en confinement mais je crains qu'on se lasse si à la  saint glinglin qui, comme tout le monde le sait n'est pas pour tout de suite, nous sommes toujours en attente de tests.
Jusqu'à maintenant, sur les masques et le gel, nous n'avons pas été bons, mais pour les tests on est loin d'être un tant soit peu opérationnel. Tout ce que je viens d'écrire ne veut rien dire mais je me comprends et vous allez comprendre bientôt...quand l'ébauche sera commencée.
On reparlera du traçage volontaire....il faut que j'y pense.
Revenons sur un point que j'ai abordé précédemment : Bolsonaro. En me lisant, il a compris que sa position n'était pas tenable. Depuis hier, le covid  est devenu le grand défi du Brésil. Il n'en reste pas moins qu'il ne veut surtout pas que l'économie soit atteinte.
Pour ma part, juste un peu de peinture, c'est chouette, c'est salissant mais c'est chouette.
Un jour à la puissance 4.

Jour 17
Où l'on reparle d'un nouveau report des élections municipales.
J'entends des voix qui me disent mais "qu'est ce qu'il s'embête avec ça alors qu'il y a des gens qui souffrent et qui meurent à deux pas de chez lui ?"
Ce n'est pas faux, mais trois raisons à cela. Premièrement, la démocratie doit perdurer quelles que soient les conditions, même en pleine guerre, et nous ne sommes pas en guerre contrairement à ce que déclare le jeune homme, ...et perso, il faut bien penser à autre chose. Ensuite, le maire de ma commune ne m'est pas du tout sympathique, sa compétence est contestable au moins dans certains domaines, mes convictions sont contraires aux siennes et surtout, il monopolise le pouvoir depuis bien trop longtemps. Enfin, je suis quelque peu partie prenante dans cette histoire et j'aimerais bien que le suspense ne dure pas éternellement. 
Bref, le 21 juin ne semble plus tenir la corde et on évoquerait sérieusement le mois d'octobre. Dans cette hypothèse, les résultats du premier tour en attente du second seront annulés.
Ne sachant pas ce que nous réservent les prochains mois, on peut alors tout imaginer mais l'idée première serait qu'un tel scénario pourrait avantager les sortants. Dans les situations troubles, la majorité recherche la sécurité et craint encore plus l'inconnu et le changement. Cela dit, une part importante, peut être déterminante des électeurs, peut souhaiter qu'un changement complet de politique locale soit nécessaire afin de favoriser enfin des idées écologiques au sens large et abandonner les vieilles recettes et les politiques du siècle dernier. 
La durée du confinement me donnera l'occasion d'en reparler dans ce journal.
Encore un jour premier.
En politique on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables   
 Georges Clémenceau

mercredi 1 avril 2020

Le journal d'un confiné (acte 6 : Le désespoir des plus grands)

Jour 14
Finalement la vieillesse a du bon. Ce n'est qu'une vieillesse naissante, si vous me permettez cet oxymore, mais elle me donne l'occasion de bénéficier de beaucoup d'attention. Il ne se passe que peu de temps sans qu'une personne s'enquiert de  ma santé.  Un sms par ci, un courriel par là ou encore une communication téléphonique....oh oh oh ! suis je si  fragile ? c'est vrai que j'ai largement dépassé l'âge médian des personnes en réanimation.....mais jusque là tout va bien.
Tout ça, ce ne sont que des moments où l'ennui se repose ( si je peux me permettre de plagier Léo Ferré).
Le reste du temps on se confine. Se confiner c'est aussi se côtoyer, et ce n'est pas une mince affaire. Dans des périodes plus fastes, on se supporte, on s'aime bien, on se  fait du bien, ou on se distrait ou on essaie, bref on se côtoie peu. Sauf quelques temps plus ou moins brefs où on essaie de s'endormir. Se confiner, ce  n'est pas seulement se  protéger ou s'enfermer mais c'est aussi se renfermer sur 
soi-même. Pas pour faire la gueule, mais pratiquer un genre de retour en arrière nostalgique  qui permet de faire un bilan intermédiaire d'un épisode, d'un bout de vie qu'on a perdu sans s'en rendre compte. C'est même accepter des moments mélancoliques sans amertume et sans regrets. De toutes façons, on ne peut faire autrement, il faut bien jouer avec.
Déjà deux semaines.

La mélancolie    c'est un désespoir qu'a pas les moyens      Léo Ferré
Jour  15
La période que nous traversons confirme  les capacités ou les fragilités  des uns ou des autres. Pour les  hommes de pouvoir qui doivent faire face à cette urgence  sanitaire, la moindre erreur ou retard pris dans une décision devient vite impardonnable aux yeux de tous. La gestion de cette pandémie confirme ce qu'on pensait de certains mais sert aussi de révélateur pour d'autres.
Pour d'autres encore, tout était évident avant, et ils n'ont pas déçu.
Le meilleur d'entre eux, Bolsonaro. Il ne croit toujours pas en la gravité de l'épidémie. Il prodigue des conseils inconcevables, critique le confinement ....même tweeter est obligé de supprimer ses tweets.
Trump le suit de près. Je pense qu'après des déclarations à l'emporte pièce comme il a le secret, il a enfin compris l'ampleur  du drame qui va se jouer,  mais je n'en suis pas certain. Sur  son visage rien ne transparaît, mise à part son air ... habituel. Il ne veut pas sacrifier l'économie pour la santé des américains. Sera t'il capable d'une fulgurance pour éviter une catastrophe xxl ?
Dans un autre genre, il y a Victor Orban, démocrate bien connu qui en profite pour s'octroyer tous les pouvoirs. La loi d'état d'urgence sanitaire de Macron apparaît comme timidement ridicule face aux pouvoirs désormais dictatoriaux du Premier Ministre hongrois.
Et puis, il y a Boris Johnson. Il est passé du déni, attitude quasi générale au début, pour ensuite préférer laisser l'épidémie se répandre pour contaminer la bagatelle de 40 % de la  population à un confinement à l'italienne, puis décider après être lui-même contaminé, un confinement classique. Autre dilemme à gérer par cette copie trumpienne, qui semble bien plus intelligente, solliciter l'aide ou pas de l'union européenne. Quelques semaines après le brexit, c'est quand même ballot ! Et pourtant les respirateurs sont indispensables en grand nombre ; dans l'UE ce n'est pas simple mais sans l'UE...ça coûte et ça ne sert à rien disait-il.
Les  cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît.    Michel Audiard

Bruits et douleurs

  Depuis quelques mois, j'ai le cœur qui cogne !  Je n'ai pas d'émotion, je ne me suis pas pressé, mais j'ai le cœur qui cog...