mardi 6 janvier 2015

L'anamorphose d'une dystopie à la Houellebecq

N'attendez pas de moi une critique littéraire eclairée ou même un non éclairée sur le dernier roman de Houellebecq. Outre que j'en suis bien incapable, je ne l'ai pas lu, et je ne l'ai pas lu.
Comme il vaut mieux prévenir que courir, je me permets d'avancer quelques avis fondés sur des critiques qui l’ont lu, eux,  enfin j'espère. Évidemment, le thème du livre pourrait m'exaspérer mais c'est la mousse médiatique qui va me gonfler. En réalité, ce n'est qu'un roman où Houellebecq se défoule probablement avec talent (ce qui change de Zemmour). Il laisse cours à son imagination fertile mais perturbée. Son physique semble le démontrer. Je ne sais pas à quoi il marche mais ça ne semble pas vraiment sain où alors sa santé n'est pas au mieux.
Alors il imagine qu'en 2022 après un second quinquennat de FH (il a quand même des moments de lucidité extraordinaire), un musulman lui succède en appliquant tout ce qui va bien avec ...et là, il est dans le genre science fiction.
Donc inutile de tenter une récupération politique, cette œuvre n'est qu'une contre utopie vue dans le miroir déformant de l'esprit talentueux de Houellebecq....

8 commentaires:

  1. " Il laisse cours à son imagination fertile mais perturbée. Son physique semble le démontrer. Je ne sais pas à quoi il marche mais ça ne semble pas vraiment sain où alors sa santé n'est pas au mieux."
    surement pas à la bière

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  2. En effet, déduire le talent d'un écrivain d'après sa gueule, c'est de la critique de haute volée ! À ce compte, j'ai hâte de recueillir vos précieux avis sur Paul Léautaud et Rémy de Gourmont…

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    1. Désole, je ne connais pas Rémy de Gourmont, mais Paul Leautaud, sauf erreur de ma part, est un bon reac antisémite de surcroît. Et ben oui, les pensées crasseuses abîmes parfois un visage....mais il n'y a pas de règle.

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    3. Encore désolé mais je suis contraint de supprimer votre commentaire. Je pense que je ne suis pas obligé de vous en dire plus ...

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  3. Bonjour Didstat,

    Pas lu non plus et jamais lu Houellebecq non plus, mais la société du spectacle donnant lieu à commentaire, j'ai lu les critiques...

    (gasp)

    J'en ai bien aimé une, celle d'Emmanuel Carrère dans le Monde.

    Extrait:

    « le monde antique, entre le Ie et le IVe siècle, s’est senti gravement menacé par une religion orientale intolérante, fanatique, dont les valeurs étaient entièrement opposées aux siennes. Les meilleurs esprits redoutaient quelque chose comme un « grand remplacement ». Or ce « grand remplacement », ce métissage contre-nature de l’esprit de raison gréco-romain et de l’étrange superstition judéo-chrétienne, a bel et bien eu lieu. Et ce qui en est résulté, c’est cette chose pas si nulle qu’on appelle la civilisation européenne »

    Ici Carrère veut dire que la religion chrétienne est un produit d'importation qui a procédé au remplacement d'une culture, celle qui existait avant son arrivée en Europe, par une autre, ce qui a donné notre civilisation. L'idée - vous l'aurez compris - est bien sûr que l'islam engage un processus similaire et que c'est cela que nous sommes en train de vivre.

    Il ajoute:

    « Ce renversement radical des perspectives, c’est ce qu’en termes religieux on appelle une conversion, et en termes historiques un changement de paradigme. C’est de cela que parle Houellebecq, il ne parle jamais d’autre chose, il est pratiquement le seul à en parler, du moins à en parler ainsi, comme s’il avait accès aux livres d’histoire du futur – à supposer qu’il y ait encore des livres d’histoire, et un futur –, et c’est pour cela que nous le lisons tous, médusés. »

    J'attire votre attention sur la dernière phrase et vous invite à la rapprocher du concept hégélien de Zeitgeist (l'esprit du temps). Hegel disait à ce sujet:

    "Aucun homme ne peut surpasser sa propre époque, car l'esprit du temps est aussi son esprit".

    Houellebecq a-t-il surpassé sa propre époque? Emmanuel Carrère semble le suggérer. Mais on peut lui objecter que Houellebecq est justement dans l'esprit de son temps et qu'il en est encore plus le prisonnier que quiconque, car il faut bien dire qu'une énième variation sur le thème du grand remplacement est banale.

    Sur ces bonnes paroles, je vous demande de me pardonner une fois de plus pour ce com un peu long et peut être trop philosophique.

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    1. Je suis d'accord Houellebecq est justement dans l'esprit de son temps, ça n'empêche pas son talent et sa folie quelque part.
      Pas de chance, son roman ne fera pas autant de bruit que prévu. Maigre consolation....

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    2. Il a d'ailleurs pris une prudente retraite, sous le coup d'un deuil que je crois sincère.

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