lundi 4 août 2014

Renaissance


Je le concède, le titre est un peu pompeux. En guise de renaissance, il s'agit simplement du redémarrage  d'un blog. J'aurais pu intituler ce billet "le retour d'un piètre lecteur".
Je pensais qu'après quinze jours de repos, au moins une demie douzaine de sujets d'articles auraient
germé. Que nenni ! Le cerveau fut autant en jachère que le blog.
Pour éviter une reprise sur un sujet d'actualité, je choisis d'écrire quelques mots sur mes lectures de la quinzaine. Je ne pouvais pas évoquer à nouveau la situation à Gaza ou les manifs en France...j'ai d'ailleurs lu un édito dans Sud Ouest sur le sujet avec lequel j'étais plutôt en phase (j'ai oublié le nom du journaliste). Tout en nuance il renvoyait dos à dos Netanyahu et le Hamas....cela dit, on est en droit de penser que la plaisanterie commence à durer et qu'il serait bon qu'Israel arrête son entreprise de démolition (il est probable que ce sera avec l'argent de la communauté internationale, bien à la peine en ce moment, et en particulier avec des fonds européens que tout cela sera reconstruit) et les victimes ? Ça peut suffire non ?
Évidemment, il était facile d'évoquer aussi la loi sur la transition énergétique. Intéressant mais qui mériterait une analyse un tant soit peu élaborée.
.....ou de s'arrêter sur quelques phrases de Valls quelque peu inquiétantes (énigmatiques ?) sur de
nouvelles difficultés sur le front économique à la rentrée....

Non trop complexe tout ça.

Donc les bouquins de la quinzaine :

Mon programme ambitieux est dans l'illustration.  Ambitieux car largement plus de mille pages pour le bouquin primé de Moix, et au moins quatre cents pour chacun des deux autres.
Incapable de réaliser une critique littéraire, je vais en quelques mots régler le cas de Naissance. Difficile d'être objectif car j'ai calé pour l'instant au bout de deux cents pages. L'horreur des termes employés par des parents accueillant un nouveau né est pour le moins surprenant. L'auteur manifestement régle un compte avec son père et ce n'est guère passionnant. Ok le style, il est sûrement génial, mais les pages où il faut s'accrocher ne sont pas rares.
En ce qui concerne la biographie de Thiéfaine écrite par un certain Théfaine, c'est bien entendu très différent. Facile à lire. Le personnage est particulièrement attachant. L'écorché vif, le révolté qui n'a
jamais été révolutionnaire est inclassable politiquement. Il est vrai que c'est avant tout un poète qui a
connu sa période d'anarchiste situationniste. Cet ex séminariste d'une culture hors norme (à chaque cd
j'´apprends au moins un ou deux nouveaux mots) n'a pas fait que donner son âme à un clown, il l'a
échangée contre le succès et le talent qu'il avait déjà.
J'y vais tout doucement, pour ne pas heurter, pour ne pas choquer, pour ne pas avouer de manière trop abrupte que le bouquin de Didier Goux fut un très bon moment. Sur les conseils de l'auteur, j'avais pris la précaution de garder ce journal pour la plage.
Son année 2013 est dramatiquement passionnante. Difficile de concéder que la qualité d'écriture et la sensibilité d'expression ne laisse que peu de temps pour reprendre son souffle.
Je n'ai pas souhaité découvrir son œuvre avec "En territoire ennemi". Je pense avoir fait le bon choix. J'évite ainsi des prises de position trop extrêmes ou sensibles. Je pense que son talent est celui d'un romancier et non d'un essayiste. La lecture de son œuvre n'apporte que du plaisir.
On est intéressé par tout, sans voyeurisme (enfin je l'espère). Par exemple, son différent (léger) avec Renaud Camus est particulièrement savoureux. Si j'ai bien compris, il pense que Camus idolâtre une bourgeoisie des années cinquante qui n'aurait existé que dans l'esprit de son ami. A mes yeux, cela est
particulièrement intéressant si on se place dans une réflexion politico-sociale. En caricaturant, on peut se poser la question, est ce que le réac est un nostalgique nauséabond ou simplement rêveur ? En tous cas, pour ma part, je crois être un anti-réac manichéen et naïf sans conscience réelle de l'évolution ou des travers societaux. Mais ça me va bien. Comme disait l'autre, laissez moi mes complexes, ils m'aident à vivre. Il aborde aussi la question posée par Sartre de la "grande musique". Terme qu'il attribut à un milieu plutôt prolétaire alors que Michel Desgranges ( je crois, je n'ai pas pris de notes...)  pense à tort que JP Sartre qualifie de grande cette musique classique de par son niveau.....
Didier Goux perd un être cher en 2013 et décrit "tout ça" avec beaucoup de pudeur et j'allais dire de talent mais je crains d'aller trop loin et que cela le gonfle.
Néanmoins, modestement, je l'encourage à mon tour d'écrire un roman. Il connaîtra un vrai succès, je n'en doute pas un instant.
Pour ma part, je ne sais comment conclure ??? Renaître oui mais pourquoi ?

9 commentaires:

  1. Axiome numéro un et ayant valeur d'absolu : on ne "gonfle" JAMAIS un auteur quand on lui fait des compliments (c'est leur côté "vedette du showbiz"…) !

    Donc, merci à vous.

    (Il y aurait eu au moins un avantage certain, pour vous, à lire de préférence En territoire ennemi : étant publié par un vrai éditeur, vous auraient été épargnées les très irritants défauts de mise en page que vous avez rencontrés dans celui-là…)

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    1. Oui c'est vrai beaucoup de défauts de mise en page et de coquilles ici ou là, mais cela reste supportable. Pour En territoire ennemi, je n'écarte rien...je crois avoir un peu de temps avant le prochain....remarquez, c'est vous qui décidez

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  2. "épargnés" au masculin, de préférence…

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  3. Tiens, ça me donne envie de le lire (Goux pas Moix).
    C'est un des trucs les plus sympa des blogs, découvrir et faire découvrir des auteurs.
    Et il y en a !!!

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    1. Vous ne serez pas déçu, j'en suis sur.

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  4. Bon tous les Gouts sont dans la nature, et Je est un autre Moix! Vaseux jeu de mot de rentrée et petit clin d'œil à Hubert Felix Thiéfaine. Un immense auteur qui ne pourra jamais atteindre la popularité (surtout posthume) d'un Baschung, malgré un relatif succès public avec "la ruelle des morts" Je souhaite à tous ceux qui aiment la chanson à texte (oh, un gros mot) de le découvrir, et à ceux qui le trouvent trop "sombre" je rappellerai que l'humour (noir) est la politesse du désespoir. HFT est un grand artiste, et je suis heureux de partager avec vous ce Gout là!

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    1. À cause de vous, je viens d'aller lire les paroles de six ou sept chansons de ce monsieur, prises au hasard des titres : c'est absolument affligeant. Des images sans queue ni tête, enfilées bout à bout comme des perles dépareillées. Ça me fait un peu penser à ce guignol qui a sévi quelques années dans ma jeunesse et qui se nommait Jean-Patrick Capdevielle ; ou encore (mais en pire) au Léo Ferré gâteux des dernières années.

      Bref, le peuple est décidément bon juge, qui n'a jamais accordé la moindre oreille à ce pesant versificateur.

      (D'un autre côté, le même peuple a toujours idolâtré Claude François et Joe Dassin et Pierre Perret, alors…)

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    2. Vous oubliez un détail important, les chansons sont faites d'abord pour être écoutées, entendues, chantées voire dansées. Quel que soit le talent de de HFT , qui est grand, cela reste de la chanson pop avec une musique rock le plus souvent...et le rock, c'est de notre génération, non ?
      Ainsi, des textes conjugués à cette musique peuvent apporter un certain plaisir.
      Un type qui connaît très bien le grec et le latin et qui a sombré dans l'alcool entre autres ne peut pas être foncièrement mauvais.
      Enfin, si je ne me trompe pas, la poésie n'est pas une de vos lectures préférées, ou vous n'y êtes guère sensible , si ?

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    3. Si je suis moins sensible que d'autres à la poésie, en effet, je n'y suis pas suffisamment fermé pour me rendre compte que Thiéfaine n'a strictement rien à voir avec elle. Vous me dites que la chansons n'a que peu à voir avec la poésie, et nous sommes entièrement d'accord sur ce point. Mais c'est votre commentateur qui a parlé d'un "immense auteur", pas moi !

      Quant à cette variété anglo-saxonne que l'on appelle le rock, elle est peut-être "de ma génération", mais je ne lui ai jamais accordé la moindre importance ni le plus petit intérêt. Mais peut-être ne suis-je pas moi-même "de ma génération"…

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